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Octobre 2005

 Plusieurs éditorialistes reviennent jeudi 13 octobre sur les mesures annoncées pour réduire le "trou" de la "Sécu". L'ALSACE Patrick Fluckiger


Le déficit de la sécurité sociale

"Les plans pour sauver la Sécu se succèdent, mais le malade est toujours alité. (...) Premier constat : soigner la Sécu, c'est d'abord soigner la société et lui assurer une bonne croissance économique. La santé par le sport en quelque sorte. Or, le compte n'y est pas. Les exemptions de cotisations sociales, les pré-retraites grèvent les budgets sociaux. Comme si on faisait des saignées à un malade souffrant déjà d'anémie... Deuxième constat : la santé coûtera de plus en plus cher à l'avenir, quels que soient les efforts pour réduire les gaspillages. Il n'y rien de scandaleux à augmenter la part de la richesse nationale qui sera consacrée, dans les prochaines décennies, à la couverture sociale. La réforme Douste-Blazy, hélas, se contente de colmater des brèches. Pour 2006, Xavier Bertrand se défausse en partie sur les mutuelles, appelées à financer les 18 euros.

Ce qui, quoiqu'il en dise, coûtera cher aux salariés qui verront leurs cotisations augmenter, et encore plus cher à ceux qui gagneront 'trop' pour bénéficier de la CMU, mais pas assez pour cotiser à une complémentaire. C'est encore une fois le monde du travail qui va être le plus lourdement taxé. L'Etat n'arrive plus à garantir l'égalité devant la maladie".

LA MONTAGNE

"(...) Au vu des résultats, les changements de comportement sur lesquels tablait le gouvernement pour réduire le déficit tardent en tout cas à se manifester. L'euro non remboursable payé à chaque consultation n'a pas contribué à réduire les visites chez les médecins, et ceux-ci continuent de revendiquer des hausses d'honoraires. Bref, quand Jacques Chirac demande au gouvernement de 'renforcer la logique de responsabilité' il utilise une périphrase aimable pour l'inciter à continuer de serrer la vis. A cet effet, le gouvernement ne manifeste aucune imagination. Il s'agit de faire contribuer le patient en augmentant la part des actes médicaux non remboursés. C'est la tactique de la défausse : aux assurances et aux mutuelles de payer la différence.
Par ce jeu des vases communicants, la masse des dépenses médicales ne diminue pas mais la sécurité sociale peut présenter un meilleur bilan, et limiter le dérapage des comptes. Xavier Bertrand assure que les mutuelles peuvent payer sans augmenter les cotisations de leurs adhérents. Ce qu'elles contestent. Au bout du compte il y a fort à parier que l'assuré y sera encore de sa poche, jusqu'à la prochaine fois".







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