|
|
| 03/11/2006
Opération de police discrète à Epinay : sept interpellations
| | 
Des policiers en civil ont pris part à l'opération avec le soutien en couverture de renforts de police autour de la cité. Cette opération a été menée dans la plus"totale discrétion"par des effectifs de la sécurité publique et des CRS, a précisé une source policière. Les sept personnes interpellées sont à la fois de jeunes majeurs et des mineurs. Elles ont été identifiées grâce au relevé de leurs empreintes digitales, selon une source policière. Deux autres jeunes au moins sont encore recherchés. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à l'agression au cours de laquelle Christophe Estève, 30 ans, policier de la Brigade anti-criminalité (BAC), a été blessé dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu'il se trouvait avec deux collègues. Atteint à la mâchoire par un jet de pierre, Christophe Estève a été hospitalisé à Eaubonne (Val-d'Oise) et une trentaine de points de suture lui ont été posés. Il a quitté l'hôpital lundi à la mi-journée. Répondant à un appel police secours pour un vol à la roulotte, l'équipage de la BAC s'était"trouvé bloqué par deux véhicules placés en travers de la route", selon le préfet. Il ont été attaqués par"plus d'une trentaine d'individus, porteurs de barre de fer et d'armes de poing", qui ont"jeté des pierres sur le véhicule et utilisé à l'encontre des policiers du gaz lacrymogène. Un individu a même fait usage d'une arme en tirant en l'air", a précisé le préfet. Le parquet de Bobigny a ouvert lundi une information judiciaire contre X pour"tentative de meurtre aggravée sur un fonctionnaire de police avec préméditation". Pour ce chef, le ou les agresseurs encourent la prison à perpétuité. Le parquet a également ouvert une information judiciaire pour"dégradations en réunion"de véhicules (à la fois ceux des policiers et des véhicules privés alentours). > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Belgique : Manque de transparence et de contrôle dans les centres fermés
| | 
En 2004, 7.622 personnes ont été placées dans un des cinq centres fermés du Royaume et ce chiffre ne cesse d'augmenter, tout comme celui de la durée de détention. Parmi les étrangers détenus dans ces centres, figurent des demandeurs d'asile, des demandeurs d'asile en procédure, des personnes sans permis de séjour valable, des étrangers qui ont purgé une peine par le passé, ainsi que des personnes dites 'inadmissibles', qui ont fait l'objet d'une mesure de refoulement à la frontière parce qu'elles ne satisfaisaient pas aux conditions d'entrée sur le territoire. Le rapport se penche aussi sur les aspects médicaux et psychologiques de la détention et de l'expulsion. Les personnes malades et qui ne peuvent pas bien être soignées, ne devraient pas être enfermées, estiment les auteurs du rapport. Les organisations estiment qu'on a du mal à différencier, en Belgique, une prison d'un centre fermé."Dans les centres fermés, les détenus sont tout le temps accompagnés par des agents de sécurité. Dans certains centres, aucune vie privée n'est laissée au réfugié", estime une juriste de l'association Vluchtelingenwerk Vlaanderen. > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Environ 10 000 réfugiés burundais émigrent aux Etats-Unis.
| | 
Dans les deux ans à venir, les Etats-Unis vont accueillir 10 000 Burundais vivant depuis des années en Tanzanie, dans des camps installés à la frontière de leur pays qu'ils ont fui en raison de la guerre. Tom Casey, porte-parole du département d'Etat, a expliqué les raisons de ce geste : « A la demande de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et également du gouvernement de Tanzanie, où ces réfugiés vivent depuis de nombreuses années, nous avons l'intention d'offrir un permis de résidence permanente à un groupe de Burundais, réfugiés dans des camps de l'ouest de la Tanzanie ». Certains ont quitté leur pays depuis 1972, pendant les affrontements sanglants entre Tutsi et Hutu. Après des décennies de conflit, nombreux sont les réfugiés qui ne connaissent même pas leur pays. Les réfugiés burundais se verront offrir le statut de réfugiés et « pourront s'installer ici de façon permanente ». Les Etats-Unis ne font donc pas une demi-proposition aux nouveaux venus. Ils ont l'assurance de pouvoir demander par la suite la nationalité américaine. Le Haut Commissariat aux réfugiés avait demandé au début de cette année aux Etats-Unis, pays d'immigration, d'accueillir des réfugiés burundais vivant dans ces camps à l'ouest de la Tanzanie. Le gouvernement américain vient donc de donner une réponse positive. Au départ, le nombre de Burundais censés traverser l'océan Atlantique pour démarrer une nouvelle vie au pays de l'Oncle Sam était beaucoup plus important. Les organismes d'aide aux réfugiés pensaient que beaucoup n'allaient pas retourner dans leur pays, soit parce qu'ils ne l'avaient jamais connu de leur vie, soit parce qu'ils avaient été ballottés d'un camp de réfugiés à l'autre et représentaient les candidats rêvés pour une nouvelle vie. Pourtant, malgré leur mauvaise fortune, un grand nombre de ces personnes n'a pas souhaité tenter l'aventure et préfère rester en Tanzanie, dans les parages de leur pays d'origine. Petit pays grande migration Cette vague de migration officielle est tout sauf anecdotique, aussi bien pour le pays de départ que pour le pays d'accueil. Avec un peu plus de 8 millions d'habitants, le Burundi est un tout petit pays où la population, du fait des conflits armés, est très jeune. Même si le retour de milliers de réfugiés menace de poser des problèmes alors que la paix est encore toute fraîche, les autorités de Bujumbura peuvent craindre une fuite partielle des cerveaux. Les Burundais qui tenteront l'aventure américaine seront certainement les plus entreprenants des réfugiés. Que les Etats-Unis, avec leur inoxydable image de pays ouvert, donne leur chance à plusieurs milliers de Burundais alors qu'ils sont près de 200 000 à végéter aux portes de leur patrie, la réponse peut paraître disproportionnée. Pourtant, les statistiques d'attribution de la Green Card, la fameuse Carte Verte permettant de travailler aux Etats-Unis, montrent qu'en 2004 par exemple, 34 citoyens burundais avaient obtenu le célèbre document permettant de s'installer aux Etats-Unis. Malgré la taille gigantesque des Etats-Unis, cette arrivée massive de Burundais est également un événement pour le pays. Le département d'Etat indique que depuis 1975, 79 000 réfugiés venant d'Amérique Latine sont entrés légalement sur le territoire. L'écrasante majorité d'entre eux - 50 000 - venait de Cuba. L'arrivée de ces migrants s'était étalée dans le temps alors que cette fois, l'économie américaine devra absorber des demandeurs d'emploi dans un temps court. Rester ouvert Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'administration américaine est devenue très exigeante, très méfiante avec les étrangers ; avec les natifs aussi d'ailleurs, les libertés individuelles ayant été restreintes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Malgré ce durcissement, Washington a répondu favorablement à la demande du HCR. « Le programme des Etats-Unis relatif à l'admission des réfugiés a toujours été et est toujours un bon reflet du peuple que nous sommes : des gens généreux, animés de compassion et extrêmement fiers de notre diversité culturelle », déclarait il y a quelques jours Ellen Sauerbrey, secrétaire d'Etat adjointe à la Population, aux Réfugiés et à la Migration. La responsable politique a par ailleurs annoncé que les Etats-Unis envisageaient d'accueillir jusqu'à 70 000 réfugiés pendant l'année budgétaire 2007. A l'occasion de ces déclarations, Mme Sauerbrey en a profité pour exhorter la communauté internationale à réinstaller 100 000 Bhoutanais au Népal. Washingtonse veut exemplaire sur la question des réfugiés. Un peu partout dans le monde, des conflits armés obligent des gens à partir. Ils s'installent alors pour quelque temps dans des camps précaires. Et lorsque le provisoire s'installe dans la durée ou que le retour devient impossible, trouver une terre d'asile s'impose. Sur internet, la diaspora burundaise qui a fait sa vie ailleurs s'exprime à travers un journal. Ces témoignages montrent que le rêve américain est toujours efficace mais qu'il est difficile à réaliser. « Travailler aux USA ? Oui, c'est assez facile, mais il faut accepter de partir de très bas », raconte Alexis Rwasenge qui vit à Long Islands depuis 1993. Technicien réparateur de photocopieuses en semaine, il fait le chauffeur de taxi le week-end, n'a pas le temps d'apprendre la langue kirundi à ses enfants mais a le projet de les envoyer en vacances au Burundi, pour qu'ils sachent d'où ils viennent. par Colette Thomas > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Génocide rwandais : les accusés pourraient être jugés en France
| | 
Le Conseil de sécurité des Nations unies a fixé à 2010 la fermeture de la juridiction internationale basée à Arusha, en Tanzanie. Le 9 octobre dernier, face à l'Assemblée générale, le représentant du Rwanda aux Nations unies, Joseph Nsengimana, lui a demandé de «prendre des mesures appropriées pour s'assurer que tous les accusés seront jugés, même après la fin du mandat du TPIR». Kigali mène en effet une diplomatie tous azimuts pour que les Etats poursuivent les responsables du génocide réfugiés sur leur sol, faute de pouvoir en obtenir l'extradition car la peine de mort est encore en vigueur au pays des mille collines. Le TPIR appuie cette politique. La France veut décider au cas par cas Les auteurs du génocide ne «doivent pas se sentir libres, une fois fermées les portes du TPIR», estime le chef des poursuites au parquet d'Arusha, Stephen Rapp. Depuis plus d'un an, le parquet a mené des négociations difficiles en ce sens avec plusieurs pays. Le transfert des dossiers nécessite que les Etats soient compétents pour juger ces ressortissants rwandais. En septembre, les juges du TPIR avaient refusé le transfert d'un dossier vers la Norvège, pourtant volontaire, au motif que le chef de « génocide » ne figurant pas au code pénal, un accusé ne pourrait être poursuivi que pour des crimes de droit commun. Il faut encore que les Etats soient volontaires. De tels procès nécessitent des moyens importants et sont politiquement sensibles. Si les Pays-Bas ont donné leur accord de principe, la France et la Belgique n'ont accepté de prendre des dossiers qu'au cas par cas. Par le passé, la Belgique a conduit deux procès à l'encontre de six responsables du génocide et doit en ouvrir un troisième en avril 2007. Dans le cas de la France, la loi d'adaptation avec le TPIR, adoptée en 1996, lui donnerait compétence pour conduire ces dossiers. En France, plusieurs instructions ont été ouvertes à l'encontre de Rwandais parmi lesquels le prêtre Wenceslas Munyeshaka et l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta. Mais à ce jour, aucune enquête n'a abouti. Jusqu'en 2001, les affaires étaient dispersées entre les mains de plusieurs juges d'instruction qui peinaient face à des dossiers mal étoffés et des enquêtes complexes. Suite aux requêtes de plusieurs associations, deux juges d'instruction ont été désignés. Si une première commission rogatoire pourrait avoir lieu en novembre, selon plusieurs sources, les relations orageuses entre Paris et Kigali ont longtemps empêché cette possibilité. D'autant que Paris conserve ouvert le dossier de l'attentat, le 6 avril 1994, contre l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, suite aux plaintes des familles des pilotes français. Les conclusions du juge viseraient l'actuel régime de Kigali. Le Rwanda pourrait abolir la peine capitale Kigali revendique sa légitimité à juger sur son propre sol les responsables du génocide. Le chef des poursuites, Stephen Rapp, rappelle d'ailleurs que «l'essentiel des dossiers sera transféré au Rwanda». Un projet de loi en faveur de l'abolition de la peine capitale est en cours de rédaction au Rwanda. Mais il soulève l'opposition de certaines associations de victimes. Près de 600 personnes sont condamnées à mort au Rwanda, mais la dernière exécution remonte à avril 1998, où 23 personnes avaient été exécutées dans un stade de Kigali.
parStéphanie Maupas > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Bébés congelés : à la morgue de Séoul, avec les experts de l'ADN
| | 
En Corée du Sud, « l'affaire Courjault » n'est pas finie. Les cadavres des bébés congelés par leur mère, Véronique Courjault, reposent encore dans la chambre froide de l'Institut national coréen d'investigation scientifique, le Nisi. Le Dr Seok Hoon-jeon, qui a autopsié les corps, propose de s'y rendre. Après avoir passé des couloirs lugubres, puant la mort, il ordonne à un légiste d'ouvrir la porte blindée de la chambre froide. Là, un congélateur en acier contenant les deux corps est posé au pied d'un mur.« On ne sait plus quoi faire de ce"frigo",lance Kwon Ki-seok, un employé du Nisi.Il est là depuis des semaines. Plusieurs fois par jour, de 8 h 20 du matin à 21 heures, je dois vérifier l'état de conservation des corps des bébés. C'est pénible. On veut se débarrasser de ce frigo. Il est temps que les autorités françaises viennent le récupérer. » « On a beaucoup et très bien travaillé sur l'affaire Courjault »,se félicite Han Myun-soo, 47 ans, chef du département des analyses ADN du Nisi. Cet organisme a déjà élucidé, avec la police, une kyrielle d'affaires criminelles, dont celle de Balbali, auteur de cent viols. Des traces d'ADN retrouvées dans une pièce où il avait séquestré sept femmes l'ont trahi. Le Dr Han Myun-soo a scotché au mur de son bureau la photo de l'arrestation. Tsunami.Mais, depuis douze semaines, c'est une autre affaire qui l'occupe : « L'affaire française »des deux bébés congelés de Jean-Louis et Véronique Courjault, qui, en Corée du Sud, fait grand bruit. « Près de 100 pays maîtrisent les tests ADN,dit le Dr Han. La Corée se situe dans les vingt premiers. Quand le Forensic, l'Institut anglais de médecine légale, obtient 4 résultats pour 10 mégots de cigarettes analysés, le nôtre en obtient 8. »Après le tsunami de décembre 2004 en Asie, le Dr Han et ses équipes ont été appelés pour identifier des milliers de corps. Lors de l'incendie du métro de Daegu en 2003 (120 morts), le Dr Han est là. Il n'oublie pas les insinuations françaises de l'été, laissant supposer que ses équipes auraient pu commettre des erreurs. « En Corée, je suis le pionnier de l'ADN. J'ai été formé il y a vingt ans par le Dr Jeffreys, un scientifique britannique qui adéveloppé les enquêtes menées à partir du système ADN. Ensuite, j'ai appris mon métier aux Etats-Unis, au sein du FBI. En Europe, aux Etats-Unis et en Asie, nous utilisons les mêmes méthodes. Moi, je suis un travailleur assidu. Pour déterminer la parenté de ces bébés, nous avons effectué 30 analyses. Et recoupé tous les résultats. »Brosses à dents.Deux heures durant, le Dr Han livre « pour la première fois à un journal français [...] toutes les informations détaillées des analyses ADN »des Courjault. « La police nous a fait parvenir des prélèvements des bébés. Des objets de la famille, des brosses à dents, des peignes. Des cheveux, aussi, des traces de salive... Nous avons ainsi reconstitué l'ADN des Courjault. Puis, nous avons appliqué la méthode STR pour retracer le lien paternel, la méthode YSTR pour recouper les liens entre parents et objets, puis la méthode mitochrondriale pour retracer le lignage maternel. Le résultat final est apparu. Nous l'avons transmis aux enquêteurs le 26 juillet. Jean-Louis Courjault était bien le père des bébés. »Pour en être sûr, le Nisi a mené un autre test censé fixer le lignage paternel. Là encore, les résultats étaient positifs. « Nous avons ensuite réalisé les analyses ADN des bébés. Elles n'étaient pas tout à fait identiques. Les bébés n'étaient donc pas des frères jumeaux. Etaient-ils de faux jumeaux ? Des frères ? Qui était leur mère ? Pour le savoir, nous avons analysé et recoupé l'appartenance d'objets. Là encore, aucun doute n'était possible. Véronique Courjault était bien la mère de ces bébés. »La conclusion est alors d'autant plus sûre qu'en 2003 Véronique Courjault a subi à Séoul une ablation de l'utérus. L'hôpital Sainte-Marie, qui l'a opérée, a conservé ses tissus cellulaires. Le Nisi les a récupérés. « L'avocat du couple Courjault a affirmé que nous ne disposions pas de tissus. Faux ! » « Dans cette affaire,ajoute Han Myun-soo, j'ai fait mon devoir. Les bébés congelés avaient de mauvais parents. Ils sont morts peu après leur naissance, privés de soins. Je crois que Véronique Courjault est une femme intelligente. Mais, refusant d'avoir ces enfants, elle a paniqué. Sans doute ne savait-elle pas où enterrer les corps. »L'affaire a visiblement marqué le Dr Han : « J'ai l'habitude de travailler sur des cadavres. Mais je suis aussi un chrétien baptiste et je dois reconnaître que j'ai été choqué en découvrant ces cadavres de bébés congelés. Cela m'a remué. Attristé. Comment l'être humain peut-il être capable de tant de cruauté ? Je crois que, dans cette affaire, on touche un peu à la folie. » Confucianisme.Seok Hoon-jeon, 37 ans, premier médecin légiste à avoir autopsié les corps des deux bébés, assure de son côté que l'affaire Courjault l'a« gêné »:« Je n'étais pas choqué, j'ai déjà mené des autopsies de bébés coréens abandonnés dans des cuvettes de toilettes, dans des stations de métro, dans des parkings ou dans des champs. Dans notre pays, dominé par le confucianisme, on a des infanticides, car il est tabou d'accoucher avant de se marier. C'était toutefois la première fois que j'avais affaire à des bébés congelés. Ils n'avaient pas de blessure extérieure, ils avaient vécu. L'autopsie a révélé que leurs poumons étaient remplis d'air. Les accouchements avaient été sauvages. Les nouveau-nés sont morts peu après la naissance, faute d'avoir reçus les bons soins. » « Peut-être la France a-t-elle eu honte de cette affaire et a-t-elle essayé de nier sa réalité ? »dit-il, blessé que la justice française ait méprisé la science de son pays. Quatre Psychologues pour la mère Véronique Courjault, mise en examen le 12 octobre à Tours pour un triple infanticide, a reçu jeudi la première visite de son avocate, Me Hélène Delhommais, à la maison d'arrêt d'Orléans, et s'est dite« très demanderesse d'une expertise psychiatrique ».Quatre experts psychiatres et psychologues ont été désignés pour tenter de comprendre les ressorts de cette mère qui a caché trois grossesses à ses proches, et a étranglé ses trois bébés. Les policiers vont aller poursuivre leurs investigations à Séoul (Corée du Sud), où Véronique Courjault est accusée d'avoir assassiné deux nourrissons en 2002 et 2003 avant de les congeler. Elle les aurait transportés à la main dans un sac Isotherm lorsqu'elle a emménagé en 2005 à Sorae Village. Son époux, Jean-Louis Courjault, mis en examen pour complicité d'assassinats et laissé libre sous contrôle judiciaire,« se trouve à l'heure actuelle en arrêt de travail »,selon son avocat, Marc Morin. > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Antisémitisme : réalité et instrumentalisation
| | Est-il possible de soutenir les droits du peuple palestinien en ignorant les interférences entre ce soutien et la question de l'antisémitisme ? Ou en pensant que face à l'arrogance israélienne et à la destruction systématique de la société palestinienne (Michel Warschawski parle d'ethnocide), la question de l'antisémitisme est devenue secondaire ? Je ne le crois pas et je commencerai par évoquer deux faits. Leila Shahid En disant publiquement la très grande admiration que j'ai pour elle (en tant que personnalité et en tant que femme, je ne parle pas de sa fonction officielle) et en regrettant vivement son départ de Paris, je tiens à souligner quelque chose qui est très important. Très souvent, quand elle fait des réunions publiques, Leila Shahid tient à être accompagnée de personnalités juives israéliennes ou françaises favorables à une paix juste. C'est ainsi qu'elle a multiplié les réunions avec Michel Warschawski et Dominique Vidal mais aussi avec Oren Meddicks (israélien, animateur de Gush Shalom = le bloc de la paix), Marcel-Francis Kahn, Pierre Vidal-Naquet ou Michèle Sibony, vice-présidente de l'Ujfp. Leila Shahid a le souci de montrer que le combat pour les droits du peuple palestinien n'est pas un combat partisan ou nationaliste mais que c'est un combat universel, pour l'égalité des droits et la justice. Elle a pleinement compris les motivations de celles et ceux qui l'accompagnent et elle partage leurs valeurs. Mieux,Leila Shahid n'occulte jamais « la martyrologie juive », l'antisémitisme et le génocide. Elle en parle souvent, les dénonce comme des crimes abjects pour rappeler aussitôt une évidence : le peuple palestinien n'a pas la moindre responsabilité dans les catastrophes qui jalonnent l'histoire des Juifs et l'Occident continue à « évacuer » sa propre responsabilité en faisant payer au peuple palestinien pour un crime qu'il n'a pas commis. Elle rappelle souvent qu'en Palestine, avant le Sionisme, Palestiniens et Juifs vivaient en bonne harmonie et elle raconte à ce sujet que Palestiniens et Juifs ont coexisté dans la municipalité de Jérusalem à l'époque de l'empire ottoman. Cette prise en compte de l'antisémitisme a une grande valeur. Pas seulement en terme « moral » pour expliquer que derrière la cause palestinienne, il y a des valeurs universelles. Mais aussi en terme d'efficacité. Si on pense que la paix « juste » passe par une rupture du consensus qui a transformé la majorité des Juifs en des soutiens inconditionnels à toute politique israélienne, il ne faut pas évacuer une des causes de ce soutien : la peur, certes irrationnelle, de la part de nombreux Juifs d'un retour de l'époque des persécutions.Combattre l'antisémitisme est donc à la fois une « obligation morale » et une garantie d'efficacité dans le soutien au peuple palestinien. AhmadinejadLe nouveau président iranien qui affirme son désir de revenir aux « valeurs fondatrices » de la République Islamique, a fait une déclaration tonitruante en évoquant la nécessité de « rayer Israël de la carte ». Passons sur l'exploitation immédiate de cette déclaration de la part de Sharon demandant aux Etats-Unis de lui fournir de nouveaux armements ou de la part des alliés de Sharon : Berlusconi a organisé une manifestation importante de soutien à Israël en Italie. Ce qui est plus frappant, ce sont les réactions dans notre propre camp. Sur la liste de diffusion Assawra, plusieurs personnes ont approuvé la déclaration iranienne en disant en substance que l'Etat d'Israël, Etat juif uniquement pour les Juifs, qui a expulsé 800000 Palestiniens en 1948 et qui leur refuse tout droit, doit disparaître. À l'inverse, le MRAP a publié le communiqué suivant : le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a élevé"une vigoureuse protestation devant les insupportables et effrayants propos provocateurs"tenus par le nouveau président iranien Ahmadinejad qui a appelé à"rayer Israël de la carte"."Par cette déclaration immonde", assure le secrétaire général du Mrap dans un communiqué, l'intention du chef de l'Etat iranien"est claire : anéantir et exterminer un peuple et un Etat parce que juif".Les deux réactions me paraissent fausses. Dans le premier cas, personne ne peut penser sérieusement que le président iranien soit favorable à « un seul Etat, laïque et démocratique » où Palestiniens et Israéliens cohabiteraient sur un pied d'égalité.On est donc bien obligé de penser que ce n'est pas seulement Israël qu'il veut rayer de la carte, ce sont aussi les Israéliens. D'autant qu'une position conséquente d'opposition à l'Etat Juif consiste à démontrer que Les Juifs peuvent rester là où ils vivent et qu'ils n'ont aucune raison de partir en Israël. Or en Iran, il y avait 120000 Juifs au moment de la Révolution Islamique. Il en reste 30000. Certes, comme les minorités chrétienne ou zoroastrienne, la minorité juive a un député. Mais il ne fait pas de doute qu'elle subit de graves discriminations dans la vie quotidienne. Il y a eu un grand procès à Chiraz où les prévenus juifs étaient accusés?de sionisme bien sûr. Les mollahs n'ont fait qu'imiter les Staliniens quand ils éliminaient dans les années 1950 les communistes juifs Rajk, Slansky ou Ana Pauker également accusés de sionisme. Finalement, ceux qui approuvent Ahmadinejad ne veulent pas voir que sa déclaration met en cause la présence des Israéliens au Proche-Orient.Quant au MRAP, il mélange sciemment deux choses qui n'ont rien à voir : Peuple juif et Etat juif. Vouloir détruire le peuple renvoie au génocide nazi et est incontestablement un crime abject. Le MRAP n'a pas tort de prêter cette pensée secrète au président iranien.Mais vouloir détruire l'Etat Juif, c'est ... légitime. Que la paix juste à laquelle nous aspirons passe par deux Etats vivant sur un pied d'égalité ou un seul Etat, l'Etat juif où les non-Juifs sont des citoyens de seconde zone qui se permet depuis 38 ans, au nom de sa sacro-sainte sécurité d'occuper la Palestine devra disparaître au profit d'une société laïque. Esther Benbassa parle d'ailleurs de post-sionisme. L'antisémitisme religieux Il existe plusieurs formes d'antisémitisme.Il y a d'abord un antisémitisme religieux qui est né d'une conjecture historique particulière. Le peuple juif s'est constitué à partir du « livre », de la Bible. Il tire sa « légitimité » d'une histoire légendaire mais extraordinaire : Abraham, Moïse, Josué, Salomon. Des personnages totalement ou partiellement légendaires mais une épopée qui a donné un sens et une raison d'être au judaïsme. La dispersion (diaspora) est antérieure aux deux destructions du temple, par les Babyloniens et les Romains. Deux événements majeurs expliquent l'antisémitisme religieux. Alors que les Romains assimilent tous les peuples qu'ils ont conquis en mélangeant les divinités du peuple soumis aux divinités romaines, cette stratégie va échouer avec les Hébreux. Ceux-ci ont un Dieu unique et se considèrent comme le peuple élu, choisi par Dieu pour exercer sa volonté. L'assimilation religieuse n'aura pas lieu et le peuple juif est le seul peuple de l'Antiquité chassé de sa terreaprès deux révoltes (en 70 puis en 135 après Jésus-Christ) et dispersé dans l'empire. Et puis, la nouvelle religion qui va triompher à partir de Constantin, le Christianisme, est au départ une dissidence du judaïsme. C'est Saint-Paul qui assurera le succès de cette dissidence en supprimant la circoncision et en permettant aux non-Juifs de devenir chrétiens. Christianisme, aryanisme et judaïsme sont en concurrence pendant plusieurs siècles. Au début, le judaïsme est prosélyte comme ses concurrents et de nombreux citoyens de l'empire se convertissent. Quand le christianisme devient religion d'Etat, le judaïsme se replie sur les communautés existantes. Il existe une certaine histoirejuive racontée par Léon Poliakov ou André Schwartzbart qui est une longue succession de persécutions ou de massacres. Cette histoire s'appuie sur des faits indéniables : l'expulsion des Juifs de très nombreux pays (Espagne, France, Angleterre, Provence?) selon les périodes et leur enfermement dans des zones où ils sont confinés (mellah, juderias, ghettos). Le Moyen-Âge voit le développement de toute une série de persécutions : contre les lépreux, les prostituées, les « sorciers », les hérétiques et bien sûr les Juifs qui subiront souvent la hargne des inquisiteurs. Le premier grand pogrom est commis par la Première Croisade dans la vallée du Rhin (plus de 100000 morts). L'histoire des Juifs espagnols qui formaient près de 10% de la population au XIVe siècle est particulièrement tragique. Un premier pogrom, parti en 1391 de la ville andalouse d'Ecija décime 20% des Juifs espagnols. Pendant le siècle suivant, la moitié des Juifs se convertissent. Les autres sont chassés l'année de la prise de Grenade (1492). On voit dans l'exemple espagnol à quoi sert l'antisémitisme : à construire un Etat moderne ethniquement et religieusement pur. Les Espagnols iront plus loin en inventant l'antisémitisme racial. Les « conversos » ou marranes qui ne peuvent pas attester de leur « pureté du sang » (« limpieza de sangre ») seront à leur tour persécutés et condamnés à la mort ou à l'exil. Beaucoup retourneront au judaïsme. En Europe de l'Est, les massacres commencent au XVIIe siècle avec le Cosaque Khmelnitski. Ils se poursuivront jusqu'à la Révolution Russe. Pour les chrétiens,les Juifs sont un peuple déicide et, à tout moment il est légitime, s'il y a besoin, de les persécuter et surtout de s'emparer de leurs biens. Les Juifs du Moyen-Âge n'ont pas le droit de cultiver la terre et ils occupent souvent des métiers interdits aux chrétiens (usurier entre autres). Mais cette histoire du judaïsme ne se résume pas à la persécution. Il y a eu des périodes fastes : l'empire de Charlemagne, l'émirat de Cordoue, l'arrivée en Pologne à l'appel du roi, l'arrivée en Turquie après l'expulsion d'Espagne. Les Juifs du monde arabe ont un statut officiel (celui de dhimmi) qui est certes un statut inférieur à celui des musulmans mais qui leur apporte une certaine protection. Il n'y a jamais eu de massacre de masse dans le monde musulman avant l'avènement du sionisme. L'antisémitisme racial La sortie du ghetto commence en Allemagne dès le XVIIIe siècle. Au début, cette émancipation est conditionnelle. Pour accéder à des fonctions illustres, les Juifs doivent se convertir. Ainsi Mendelssohn, Heine, Marx et bien d'autres sont des convertis ou des enfants de convertis. La Révolution française avec l'Abbé Grégoire donne aux Juifs la citoyenneté et Napoléon donnera une représentation officielle avec le Consistoire.Curieusement, c'est cette émancipation qui déclanche les débuts de l'antisémitisme racial. La haine de « l'autre » est d'autant plus forte que cet « autre » nous ressemble, vit parmi nous et parle notre langue tout en étant « différent ». Émancipés, les Juifs représentent une minorité invisible. Leur existence et les caractères qu'on leur prête (le cosmopolitisme, l'amour de l'argent, la complicité avec les autres Juifs?)sont contradictoires avec les nationalismes naissants et la conception dominante d'Etats ethniquement purs. L'antisémitisme devient le fil conducteur et l'élément programmatique essentiel de tous les mouvements nationalistes d'extrême droite qui émergent en Europe à la fin du XIXe. Il suffit de lire tous les théoriciens de cette extrême droite et tous les intellectuels qui se fourvoieront dans l'antisémitisme (en France : Maurras, Daudet, Drieu La Rochelle, Céline?). À l'ouest, l'antisémitisme frappe des minorités qui ont parfois réussi économiquement mais dont l'intégration dans la société est refusée par les nationalistes. L'affaire Dreyfus est emblématique à ce titre, mais la victoire finale des Dreyfusards montre que le refus de l'antisémitisme est devenu une question fondamentale pour les républicains. En Europe de l'Est et dans l'empire Russe où vivent 60% des Juifs,l'antisémitisme se double d'un conflit de classe. La grande majorité des Juifs sont des prolétaires. Leur condition sociale et les persécutions les ont fait basculer massivement dans le camp de la Révolution. Le régime tsariste utilisera les pogroms meurtriers (Odessa, Kiev et surtout Kichinev en 1903) pour essayer de briser le mouvement révolutionnaire. Après la guerre de 14, l'antisémitisme devient idéologiquement dominant dans tous les pays d'Europe. En Allemagne, avant le Nazisme, les corps francs accusent pêle-mêle les républicains, les socialistes et les Juifs d'être responsables de la défaite. L'assassinat du ministre Juif Walter Rathenau (1919) préfigure ce qui va suivre. En France, la presse bénéficie d'une totale liberté pour proférer les pires injures antisémites ou pour appeler au crime. Elle se déchaînera particulièrement quand Léon Blum arrivera au pouvoir. En Roumanie, en Hongrie, en Pologne, l'antisémitisme est banalisé et tous les chefs d'Etat s'en servent. Le Nazisme va prospérer sur un large consensus qui fait des Juifs les responsables de la crise économique, de la corruption, des territoires perdus, de la crise morale?Il y ajoutera une équation : juif = communiste qui lui assurera la complicité du grand capital. C'est ce consensus qui a permis le génocide. Génocide sur lequel aucun mensonge révisionniste n'est admissible : la moitié des 12 millions de Juifs européens, toutes classes sociales confondues, a disparu dans les camps d'extermination ou victime des Einsatzgruppen. En Pologne ou en Lituanie, c'est plus de 90% de Juifs qui ont été massacrés. En France, ce taux a été beaucoup plus bas (25%) probablement parce qu'une majorité de la population a permis par son attitude un sauvetage de masse. Le sionisme et l'antisémitisme La théorie sioniste est née de l'antisémitisme et toutes les manifestations antisémites l'ont renforcée. Et pourtant, il y a un double paradoxe. D'une part,les Sionistes ont considéré dès le départ que l'antisémitisme est inéluctable et donc qu'il est parfaitement inutile d'essayer de la combattre, la seule solution pour les Juifs étant l'émigration vers le futur « Etat juif ». Quand Theodor Herzl rencontre le Premier ministre du tsar, le très antisémite comte Witte, il essaie de lui expliquer qu'ils ont un intérêt commun : permettre au plus grand nombre de Juifs de quitter l'Empire. D'autre part,sionistes et antisémites partagent une conviction commune : pour eux, le « mélange » est impossible. La coexistence entre Juifs et non Juifs n'a pas de sens et ils prônent les uns et les autres la séparation et une conception « ethniquement pure » de la nation. Le sionisme puise ses racines théoriques dans les différents nationalismes du XIXe qui considèrent tous que chaque peuple doit avoir un Etat « ethniquement pur » et qu'il faut refuser le mélange. Tragiquement, les idéologies antisémites meurtrières sont parties des mêmes présupposés. Les sionistes ne joueront aucun rôle dans la lutte contre l'antisémitisme qui mobilise d'autres courants, les démocrates et les révolutionnaires. Si pendant longtemps, la branche dominante du sionisme (dont est issu le parti travailliste israélien) penche du côté du socialisme (ce qui ne l'empêche pas d'avoir un comportement colonial vis-à-vis des Palestiniens), la branche dite « révisionniste » avec Jabotinsky et plus tard des groupes terroristes comme l'Irgoun de Menahem Begin ou le groupe Stern d'Itzhak Shamir a des convergences idéologiques avec l'extrême droite européenne. Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, le sionisme est minoritaire chez les Juifs. C'est incontestable quand on regarde les élections qui ont lieu en Pologne ou les flux migratoires qui partent d'Europe orientale et d'Allemagne en se dirigeant vers l'Europe occidentale ou les Etats-Unis. Le « foyer Juif » en Palestine n'apparaît pas majoritairement comme la solution face à l'antisémitisme et en 1939, moins de 3% des Juifs du monde y vivent. Aujourd'hui, le souvenir du génocide a été institutionnalisé en Israël avec une exploitation évidente.Sharon explique devant le camp d'Auschwitz que « les Juifs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre ». Le glissement va jusqu'à assimiler Arafat à Hitler. Pourtant, les sionistes n'ont joué qu'un rôle marginal dans la résistance juive au nazisme qui a été essentiellement Bundiste ou communiste (la MOI en France). On peut juste citer Mordekhaï Anielewitz (de l'Hashomer Hatzaïr, mouvement sioniste de gauche qui était à l'époque une antichambre du PC) à la tête de l'insurrection du ghetto de Varsovie ou l'engagement de milliers de Juifs de Palestine dans la « légion juive » de l'armée britannique. Par contre, le courant « révisionniste » du sionisme dont Sharon ou Nétanyahou sont les héritiers a continué sa lutte contre les Britanniques en pleine guerre. Le projet sioniste a été longtemps ambigu, en mélangeant deux tâches historiques. L'une était a priori « noble ». Il s'agissait d'offrir aux Juifs unhavre de paixoù ils ne seraient plus discriminés, persécutés ou exterminés. On avait juste « oublié » que ce havre de paix n'était pas « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » et on a instrumentalisé la situation tragique des rescapés du génocide pour expulser le peuple palestinien de sa terre. L'autre projet du sionisme, présent dès le départ, a consisté àessayer de faire venir l'ensemble des Juifs en Palestine. Ce projet n'est pas seulement colonial et impérialiste, il impose aux sionistes d'aviver la peur de ceux qui ne veulent pas émigrer.Bref l'antisémitisme, réel ou supposé, est un moteur du projet sioniste. La construction de l'Etat d'Israël et le sionisme. Le génocide nazi a permis le succès du projet sioniste et la transformation du « foyer » créé par la déclaration Balfour en Etat. D'une part, l'afflux des rescapés et des Juifs fuyant l'Europe a donné à l'armée israélienne en formation (le Palmach et la Hagana) les combattants qui lui ont permis de gagner la guerre. Israël a bénéficié du fait que de nombreux rescapés ne savaient pas où aller et n'étaient les bienvenus nulle part. Mais surtout, l'Occident et l'URSS ont voulu noyer leurs responsabilités dans l'antisémitisme et accessoirement se débarrasser des Juifs qui n'avaient plus de pays en contribuant de façon décisive par une aide économique et militaire à la victoire israélienne sur les Palestiniens en 1948. Dès que l'Etat d'Israël a été créé, ses dirigeants ont cherché à le peupler et à remplacer les Palestiniens expulsés. Un immense effort a été fait pour provoquer l'immigration des Juifs du Monde Arabe. Cette immigration a été rendue possible par la conjonction de deux phénomènes. D'un côtéla plupart des dirigeants arabes étaient souvent ravis de se débarrasser de leurs Juifset accessoirement de confisquer leurs biens. Pourtant ce départ était un véritable coup de poignard contre le peuple palestinien (un peuple « frère » en théorie).Mais quand les Juifs ne sont pas partis spontanément, les Israéliens ont tout fait pour les y inciter. On sait, depuis l'ouverture des archives, que l'attentat contre la synagogue de Bagdad au début des années 50 est venu des services israéliens. Les Juifs Irakiens étaient les descendants de ceux qui étaient restés à Babylone. Ils ne sont plus qu'une centaine aujourd'hui. Dans le cas des Juifs Yéménites dont la présence en Arabie du Sud remonte à près de 3000 ans, les Israéliens ont utilisé une légende disant que le Messie viendrait voler vers eux. Ils sont venus les chercher en avion et cette communauté a disparu pour venir former en Israël un nouveau prolétariat. L'assassin de Rabin est un Yéménite, représentant quelque part d'une communauté qu'on a coupée de son histoire et de ses racines. Au Maroc et en Tunisie où il n'y a quasiment jamais eu de persécution antijuive, une campagne de propagande très intense a permis le départ de la plupart des Juifs au moment de l'indépendance. Chaque guerre et chaque bouleversement ont provoqué une nouvelle immigration vers Israël. En 1956, la guerre de Suez a entraîné quelques mesures de rétorsion contre les Juifs egyptiens et le départ de tous. En 1962, l'indépendance de l'Algérie s'est accompagnée du départ d'une communauté antérieure à l'arrivée des Arabes, victime à sa façon du colonialisme : le décret Crémieux avait donné la nationalité française aux Juifs Algériens en la refusant aux Musulmans. La plupart des Juifs Algériens sont venus en France, mais quelques-uns ont choisi Israël. La même année, les Israéliens ont enlevé Eichmann en Argentine, l'ont ramené en Israël et l'ont pendu. Le régime péroniste a organisé quelques manifestations antijuives qui ont provoqué une émigration vers Israël. Dans les pays de l'Est dits « socialistes », un antisémitisme insidieux s'est manifesté dès 1945 (pogrom de Kielce en Pologne en 1946, purges staliniennes qui ont frappé essentiellement des communistes juifs, anciens des brigades internationales et de la résistance au nazisme, purges antisémites dans la Pologne de 1968?). Cet antisémitisme d'Etat a provoqué le départ vers Israël d'anciens communistes au passé illustre. Il a surtout ruiné ce qui avait été l'espoir de nombreux Juifs : que la révolution donne une solution définitive à la « question juive ». Il a cassé l'attachement des Juifs de ces pays à l'ancien « Yiddishland ». Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, alors que jamais auparavant les Juifs Soviétiques n'avaient eu un dirigeant aussi bienveillant à leur égard, ils ont choisi massivement de partir, fuyant un pays économiquement sinistré dans lequel ils n'avaient plus confiance. De nombreux non Juifs ont profité de l'occasion pour partir aussi en Israël. En France depuis 1945, les Juifs ne sont plus des « parias » et appartiennent en majorité aux classes moyennes. Ils ont conquis, dans la douleur, l'égalité des droits. Ils sont attachés à la France et à la laïcité et n'ont aucune raison de partir pour Israël. À plusieurs reprises, il y a eu des tentatives pour créer une psychose, hurler à l'antisémitisme et les faire partir. Sharon s'y est essayé et il a même mis en scène l'arrivée en Israël de Juifs Français. Toutes ces tentatives ont eu peu de succès. Sur les 600000 à 700000 Juifs Français, 16000 sont partis en 10 ans et beaucoup sont revenus. Il y a pourtant un « Mal-être Juif » bien décrit par Dominique Vidal, mais qui ne repose sur aucune réalité d'une résurgence d'un antisémitisme de masse. Au contraire, toutes les études montrent que les Juifs sont acceptés dans la vie quotidienne ou à des postes de responsabilité plus qu'à n'importe quelle autre époque. Les discriminations ou actes de haine qu'ils peuvent subir sont sans comparaison avec ce que subissent quotidiennement les Arabes, les Noirs ou les Roms. La psychose entretenue par certains dirigeants communautaires (qui évoquent parfois une nouvelle « Nuit de Cristal ») repose sur un fantasme. Des officines comme « Avocats sans frontières » de William Goldnadel attaquent systématiquement tous ceux qui critiquent Israël ou le sionisme en les traitant d'antisémites. Même Edgar Morin, pourtant Juif et résistant a été attaqué et a perdu son procès. Devant un tribunal, l'antisionisme est systématiquement assimilé à l'antisémitisme. On le voit donc :partout où l'antisémitisme existe ou a existé, il a renforcé le projet sioniste. Quand, croyant montrer sa solidarité avec l'Intifada, quelqu'un caillasse une synagogue, l'acte est doublement imbécile : c'est un acte raciste et il renforce ce qu'il est censé combattre. En même temps,quand l'antisémitisme n'existe pas, il est de l'intérêt du projet sioniste de le provoquer: pour créer une adhésion émotionnelle et inconditionnelle à la politique israélienne et pour déclencher une nouvelle immigration. Les « nouveaux » antisémites. L'antisémitisme racial n'a pas disparu. Le Front National et divers groupuscules d'extrême droite relaient toujours une prose antisémite directement héritée de l'époque de Vichy. Souvenons-nous du journal « Minute » traitant Anne Sinclair de charcutière cachère ou Le Pen et Gollnisch dissertant sur « les camps point de détail de l'histoire », le même Le Pen donnant les noms de plusieurs journalistes Juifs pour illustrer l'idée qu'ils contrôlent les médias.Mais l'antisémitisme n'est pas le monopole de l'extrême droite.Il existe une tradition antisémite à gauche qui remonte aux débuts du mouvement ouvrieroù les Juifs étaient assimilés à l'argent et à la banque et étaient accusés de dominer le monde. À l'époque de l'affaire Dreyfus, Jaurès avait hésité à engager le parti socialiste et il avait rencontré de nombreuses résistances. Le « négationnisme », c'est-à-dire la négation de la réalité du génocide, est né à l'extrême droite, mais il a prospéré à l'ultra-gauche. Dès la chute du nazisme, il y a eu une tentative pour réhabiliter le régime déchu et nier ses crimes. Maurice Bardèche, beau-frère de Brasillach a agi en ce sens, aidé en cela par le recyclage des anciens serviteurs de Vichy dans divers partis. C'est un ancien déporté à Buchenwald, Rassinier, qui le premier va nier le génocide. Dans les années 60, les Bordighistes publient « Auschwitz ou le Grand Alibi ». Ce n'est pas une négation du génocide mais une mise sur le même plan du nazisme, du capitalisme et du stalinisme. Fondateur d'une librairie d'extrême gauche active en mai 68 (La « Vieille Taupe »), Pierre Guillaume va rompre avec tous ses amis et transformer sa librairie en officine révisionniste recherchant de façon obsessionnelle les « preuves » du mensonge. Quand Faurisson publie son premier pamphlet, au nom de la « liberté d'expression », des Juifs comme Gabriel Cohn-Bendit ou Noam Chomski se prononcent contre toute sanction judiciaire. Pierre Vidal-Naquet traitera avec brio les négationnistes « d'assassins de la mémoire ». Le courant révisionniste dont les principales motivations sont à l'évidence antisémites, recevra de nombreux soutiens célèbres comme Roger Garaudy, ancien dissident du PCF. Il infiltrera certaines universités comme Lyon III. Ce qui est plus grave que ces gesticulations, c'est l'existence, certes en nombre limité, d'antisémites infiltrés dans le mouvement de soutien à la Palestine. À l'UJFP, nous avons toujours expliqué que Juif, sioniste et Israélien, c'est différent, que cette guerre n'est pas une guerre raciale, religieuse ou nationaliste mais que ce qui est en jeu, c'est le refus du colonialisme, l'égalité des droits et la justice. Pour nous, les crimes commis « en notre nom » par l'armée israélienne marquent une rupture complète par rapport à la tradition « universaliste » du judaïsme dont nos nous réclamons. Les nouveaux antisémites, exactement comme les sionistes, confondent sciemment Juif, sioniste, Israélien. Ils maquillent leur haine ordinaire derrière « l'antiisraélisme » (pour reprendre un terme d'Edgar Morin) qui est à mon sens parfaitement légitime. Ils expliquent la destruction de la société palestinienne par une perversion intrinsèque des Juifs.Derrière ce courant, il y a le personnage d'Israël Shamir. Ce Juif soviétique, arrivé en Israël à la fin des années 80 et qui vit à Jaffa est inconnu dans le mouvement pacifiste israélien. Il a d'abord produit de bons textes sur toutes les exactions commises par Israël. _ Mais les choses ont vite dérapé. Pour Shamir, le problème ce n'est pas le sionisme, c'est le judaïsme avec lequel il faut « rompre ». Shamir s'est converti au christianisme (orthodoxe) dont il a repris la pire tradition antisémite en affirmant sans rire que le « Protocole des sages de Sion » est authentique et que les Juifs se sont livrés à des crimes rituels contre les chrétiens. Shamir entretient d'excellents rapports avec le néo-nazi allemand Horst Mahler. Je ne sais pas si Shamir est un agent du FSB ou du Mossad, mais s'il ne l'est pas, c'est que les services secrets ne sont plus ce qu'ils étaient. Dominique Vidal a publié un excellent travail de recherche sur Shamir, facilement consultable sur Internet. Le problème, c'est que Shamir a des partisans, notamment en Francequi se disent que si un Israélien dit de pareilles choses sur les Juifs, c'est 1) que c'est vrai, 2) que c'est permis. Dans cette mouvance, on trouve des gens qui ont beaucoup fait pour la cause palestinienne mais qui ont dérapé sous l'influence de Shamir. Je pense à Marcel Charbonnier. L'autre traductrice de Shamir, Maria Poumier est une vraie antisémite qui a eu des propos particulièrement scandaleux contre des militantes antisionistes comme Danielle Bleitrach ou Olivia Zémor. La journaliste suisse Sylvia Cattori est toujours très active pour populariser Shamir.Il existe un courant antisémite issu de l'extrême gauche. On y retrouve le négationniste Serge Thion, exclu du CNRS et plusieurs fois condamné qui publie sous le manteau un journal informatique« La guerre du Golfe et des banlieues »où l'antisémitisme obsessionnel est à l'état pur. Jean Brière exclu des « Verts » pour propos antisémites, Ginette Skandrani, animatrice de « La Pierre et l'Olivier » (qui a accusé Michèle Warschawski et Olivia Zémor d'être des agents du Mossad) et Fausto Giudice qui a fondé le site intégriste musulman Quibla font partie de ce courant. Ils se sont rapprochés du « parti des musulmans de France » de Mohamed Latrèche et sont ouvertement pour une alliance avec des courants « intégristes ». Parmi les plus durs dans ce noyau, citons Michel Dakar, plusieurs fois condamné et obligé de fermer son site « Egade ». Dans le texte, Dakar est clair. Citons-le : « Danielle Bleitrach et Pierre Stambul sont tous deux Juifs. Le judaïsme conditionne ses adeptes à l'idée de leur propre suprématie, sur tous les autres humains. Selon le judaïsme, seuls les Juifs sont des humains, les autres"humains"sont des formes vivantes intermédiaires entre les animaux et les seuls humains qui sont les Juifs, ces formes intermédiaires ayant été créées par Dieu pour servir les Juifs et le monde ayant été créé comme leur propriété?» Ces gens se connaissent et agissent ensemble. Ils ont « égaré » un mèl écrit par Fausto Giudice. Qui sont les destinataires ? On y trouve Manfred Stricker, qui fut candidat d'extrême droite en Alsace, Mondher Sfar, un Tunisien négationniste qui est passé par l'université Lyon III. Les autres sont Charbonnier, Poumier, Cattori, Brière, Skandrani, Dakar?De quoi parlent-ils ? de la création d'un comité de défense regroupant toutes les personnes attaquées pour leurs propos.On pourrait penser que dans le fond, ces illuminé(e)s sont inoffensifs. Deux événements montrent que non. D'abord laconférence organisée en Suisse par Sami Aldeeb pour un seul état démocratique en Palestine. L'idée généreuse est sans doute la plus réaliste et la plus juste quand Israël a installé 450000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem. Hélas, la conférence a été gangrenée par les négationnistes qui ont été chargés des principales interventions introductives. Le même scénario s'est reproduit avec laCaravane de la Paixde Strasbourg au pont Allenby. L'intervention des négationnistes a provoqué le départ de certains des initiateurs du projet. D'autres personnes ayant tenu des propos antisémites ont fait parler d'elles ces derniers temps. Citons Alain Soral,Dieudonnépour qui l'esclavage a été financé par des banques juives ou Alain Ménargues qui pense que les Juifs se sont enfermés tous seuls dans le ghetto. Il y a aussi ceux qui estiment que tout Juif est forcément quelque part un sioniste. Il y a enfin le problème de camarades sincères et actifs qui estiment que cette question est secondaire et qu'en tout état de cause, les Juifs (donc l'UJFP) n'ont pas à trier dans le camp de la Palestine les bons et les mauvais. On a ainsi vu devant le Bataclan à l'occasion d'une des nombreuses provocations de l'Association pour le Bien-être du Soldat Israélien des contre-manifestants particulièrement douteux scandant des slogans antisémites. Effectivement, si seuls les Juifs sont concernés par cette infiltration, alors nous aurons tous perdu. Félicitons-nous de la vigilance pointilleuse de l'AFPS et de Bernard Ravenel qui se sont toujours montrés très vigilants à l'égard des dérives antisémites. Je terminerai en répétant quela lutte contre l'antisémitisme est à la fois une question de « morale » et une question « d'efficacité ». De morale parce que nous nous battons au nom de principes universels : le refus des discriminations et du colonialisme, l'égalité des droits et la justice. Nous ne sommes pas pour la victoire d'un nationalisme contre un autre mais pour la fin d'une occupation criminelle qui détruit la société palestinienne. Question d'efficacité aussi. L'impunité insupportable d'Israël vient d'une adhésion inconditionnelle de la plupart des Juifs. Derrière cette impunité, il y a la « culpabilité » de l'Occident et une névrose collective qui fait croire à beaucoup de Juifs que le génocide peut recommencer.Toute manifestation d'antisémitisme renforce la politique actuelle des gouvernements israéliens.
Pierre StambulVice-président, UJFP > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Banlieues : marche silencieuse à Clichy-sous-Bois pour Zyed et Bouna, morts il y a un an
| | 
Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) commémore, vendredi 27 octobre, la mort, il y a tout juste un an, de deux adolescents dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour fuir la police, mort à l'origine de trois semaines de violences urbaines. Alors que de récents incendies de bus ont alimenté les conjectures sur de nouveaux troubles dans les banlieues, la mairie de la ville et les proches de Zyed Benna et Bouna Traoré répètent inlassablement que l'hommage a lieu"dans un esprit de recueillement"et d'"appel au calme". Une marche silencieuse a réuni dans la matinée plus d'un millier de personnes, selon la police. Les familles, leurs avocats et le maire de la ville, Claude Dilain (PS), ouvraient la marche, devant une banderole portée par des jeunes membres de l'association Au-delà des mots (ADM) revêtus de T-shirts blancs marqués"Mort pour rien". Muhittin, qui avait été grièvement brûlé dans le transformateur, était présent. "Une fois de plus la France, le monde, nous regardent", a déclaré le maire à l'issue de la marche, en présence d'une centaine de journalistes de nombreuses nationalités."Il faut que le calme, la dignité, le courage qui règnent ici persistent. Montrons qui nous sommes vraiment ! Ayons confiance dans la justice, dans la République française !", a insisté M. Dilain. Rappelant que deux jours après le drame, une marche silencieuse avait déjà descendu l'allée Maurice-Audin, alors"jonchée de carcasses", il a remarqué :"aujourd'hui nous avons descendu la même allée décorée par des images de grands photographes. C'est cette image que nous voudrions que la France, le monde, gardent de Clichy". Les familles devaient prendre la parole lors de l'inauguration d'une stèle devant le collège Robert Doisneau, où Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, étaient scolarisés. En fin d'après-midi, ADM, créée pour défendre la mémoire des victimes, organise une soirée d'hommages. Des artistes viendront interpréter des extraits de l'album"Mort pour rien", dont les bénéfices iront entièrement aux familles des victimes. Les"avocats", Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, comme on les appelle à Clichy, devaient donner des nouvelles de l'information judiciaire ouverte le 3 novembre 2005 pour"non-assistance à personne en danger". Plusieurs policiers, onze, selon une source policière syndicale, moins selon une source judiciaire, sont convoqués devant le juge d'instruction Olivier Géron les 20 et 21 novembre. Certains d'entre eux pourraient être mis en examen."Je dirai aux jeunes que ces convocations en vue de probables mises en examen sont la preuve que le droit peut rentrer dans les cités, qu'il n'est pas toujours contre eux", indiquait Me Mignard jeudi. > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
Côte-d'Ivoire : l'UA reconduit pour un an le mandat de Laurent Gbagbo
| | 
En dépit de l'opposition du Sénégal, l'UA a suivi la plupart des propositions élaborées le 6 octobre par les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour sortir de la crise. Leur principale recommandation prévoyait la reconduction d'un an du mandat de Gbagbo, assortie d'un transfert d'une partie de ses prérogatives, y compris d'ordre militaire, au premier ministre, Charles Konan Banny. L'UA a indiqué que le premier minsitre devrait avoir"tous les pouvoirs nécessaires", pour mettre en?uvre une série de mesures, parmi lesquelles l'inscription des électeurs, la restructuration des forces de sécurité, le démantèlement des milices et les préparations en vue des élections. "QUESTION DE CRÉDIBILITÉ POUR L'AFRIQUE" Un proche de M. Gbagbo, qui a requis l'anonymat, a affirmé qu'"il n'y a pas de déception après cette décision du CPS [Conseil de paix et de sécurité de l'organisation africaine]. On va de l'avant, l'atmosphère était très cordiale et c'est le plus important". Cependant dans la délégation ivoirienne à Addis Abeba, certains assuraient que le premier ministre ne pourrait de toute façon pas prendre de décrets-lois. Ces décisions vont maintenant être transmises au Conseil de sécurité des Nations unies, qui se penchera le 25 octobre sur la crise en Côte d'Ivoire et décidera des modalités de la nouvelle transition dans ce pays coupé en deux depuis 2002 et la tentative de coup d'Etat ratée de la rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Gbagbo. Le camp présidentiel contrôle le Sud, alors que le Nord est aux mains des FN. La tenue du scrutin présidentiel, repoussé à deux reprises, est impossible en raison notamment des retards pris dans deux dispositions-clés du processus de transition : le désarmement des combattants et la révision des listes électorales. Les rebelles, qui étaient absents de la réunion d'Addis Abeba, critiquent le plan de la Cedeao, incapable à leurs yeux de débloquer la situation. Ils redoutent aussi qu'une nouvelle prolongation du mandat de Gbagbo ne contribue à enfoncer un peu plus le pays dans l'impasse. Interrogé sur les éventuels gardes-fous pris pour s'assurer que lesélections auront bien lieu dans un an, Denis Sassou Nguesso, le président de l'UA, a répondu :"Nous n'irons pas de report en report. C'est une question de crédibilité pour l'Afrique." > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
La pauvreté et l'exclusion augmentent en France
| | 
Comment trouver un emploi sans adresse ? Comment rester en bonne santé sans avoir un toit ? Comment étudier sans eau, sans électricité et sans chauffage ? comment trouver du travail sans aucune formation ? Comment garder le courage pour lutter quand on ne connaît que la détresse ? A l'occasion de cette Journée mondiale 2006 du refus de la misère et à la veille d'échéances électorales, ATD Quart monde, Amnesty international France, le Secours catholique et le réseau Action mondiale contre la pauvreté France ont déclaré dans un appel public commun : « Exigeons que l'accès aux droits fondamentaux [logement, santé, éducation] devienne, dans la réalité, la priorité des politiques publiques et que l'Etat n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit ». Les associations caritatives multiplient leurs efforts pour aider à soulager la souffrance des familles en difficulté mais les organisations dénoncent une dégradation du tissu social en France où l'exclusion gagne du terrain. Elles ne peuvent suppléer et insistent sur le devoir d'Etat. Le président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, déplore pour sa part une « France à la dérive » et souligne tous les épiphénomènes liés à la pauvreté : troubles psychologiques, démotivation et comportements d'atteinte à soi-même (drogue, alcoolisme, suicides). Qu'entend-on exactement lorsqu'on parle de « pauvreté » ? D'après l'Observatoire des inégalités, en France, « un individu est officiellement considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 645 euros, le seuil de pauvreté étant défini comme la moitié du revenu médian (lien). Pour tenir compte de la composition des ménages, on élève ce seuil en fonction du nombre de personnes du foyer (adultes et enfants, l'âge de ces derniers, de plus ou de moins de 14 ans, entrant également en compte). » Par exemple, un couple avec deux enfants en bas âge est pauvre si ses ressources ne dépassent pas 1 355 euros mensuels. Un million d'enfants vit dans la grande pauvreté Martin Hirsch estime que « La France a un problème. Elle dérive. La pauvreté augmente, les dépenses sociales augmentent, les déficits sociaux augmentent (...). On a réussi à réduire assez considérablement la pauvreté chez les plus de 60 ans, mais cela a masqué l'augmentation de la pauvreté et des processus d'exclusion chez les jeunes et chez les actifs ». En France, d'après l'Observatoire de la pauvreté et de l'exclusion sociale, 60 000 jeunes quittent l'école chaque année sans qualification. En 2006 un million d'enfants vit dans la grande pauvreté dans le pays. En juin 2006, 1 266 000 Rmistes (détenteurs du RMI = revenu minimum d'insertion) étaient recensés, soit 66 000 de plus qu'en 2004. D'après l'association ATD Quart monde, le pays compte à ce jour quelque « trois millions de personnes en situations de logement difficiles, dont près d'un million n'ont pas de logement ou en tout cas pas un chez soi, et environ 100 000 personnes qui vivent dans la rue ». A propos de cette Journée de lutte pour le recul de la misère, la commune d'Aubervilliers, en périphérie de Paris, a organisé une exposition intitulée Les bidonvilles aux portes de Paris pour évoquer les populations qui vivent sur les terrains vagues ou sous les bretelles d'autoroutes autour de la capitale. Le Samu social est de plus sollicité pour intervenir dans des cas d'urgence : le nombre de nuitées accordées par le Samu social est passé de 178 445 en 1998 à plus de 950 000 en 2005. La proportion des travailleurs en situation de précarité dans les centres d'accueil d'urgence représente 16% de la population hébergée. Droit au logement opposable, donc effectif Parmi ces sans logis figurent aussi bien des citoyens totalement marginalisés en fin de droit d'allocation chômage que des « actifs pauvres », c'est-à-dire des travailleurs aux revenus insuffisants et dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Selon l'Insee, un tiers des sans-domicile fixe de la capitale déclarent avoir un emploi. Les familles mono-parentales sont de plus en plus touchées. Outre les demandeurs d'asile déboutés, ce sont aussi des retraités aux revenus insuffisants ainsi que des jeunes qui ne parviennent pas à rentrer durablement dans la vie active. L'engrenage pointé par Médecins du monde est terrible : le nombre de malades qui, faute d'adresse et de cotisations sociales ouvrant droit aux remboursements des soins, tardent à se faire soigner et se fragilisent est en augmentation : dans le rapport paru lundi sur l'année 2005, MDM rapporte que « « 22% des personnes rencontrées dans leurs centres de soins ne pouvaient bénéficier, de par le droit, d'aucune couverture maladie ». Plusieurs manifestations ont rythmé la journée pour soutenir les associations de lutte contre la précarité qui revendiquent aux côtés de ATD Quart monde « le droit au logement opposable », c'est-à-dire susceptible de donner lieu à un recours devant les tribunaux en cas d'impossibilité à se loger. ATD Quart monde souligne que ce droit implique que le droit au logement n'est plus un objectif mais qu'il devient une obligation pour les politiques publiques, Etat ou collectivités locales : le tribunal pourrait astreindre l'autorité responsable de loger un plaignant si celui-ci fait valoir de bonne foi qu'aucune offre ne lui a été proposée. Jean Toussaint, un des responsables de ATD Quart monde, a demandé aux « futurs élus » de faire avancer l'idée de ce « droit au logement opposable, donc effectif » au même titre que le droit à la santé et à l'éducation pour tous. par Dominique Raizon > en savoir plus |
|
| 03/11/2006
LE DEFENSEUR DES DROITS HUMAINS GOLDEN MISABIKO ACTIVEMENT RECHERCHE PAR L'ANR/LUBUMBASHI
| | 
La Voix des Sans-Voix pour les droits de l'homme (VSV) exprime ses vives préoccupations suite aux menaces de persécution et de mort dont est victime actuellement à Lubumbashi, province du Katanga monsieur Golden Misabiko, président honoraire de l'ASADHO section provinciale. Le défenseur des droits humains serait activement recherché par l'Agence Nationale des Renseignements (ANR)/Lubumbashi et le parquet général du Katanga à la suite de sa lettre ouverte au président Joseph Kabila du 20 octobre 2006. Selon les informations en notre possession, l'ANR/Lubumbashi et le parquet général du Katanga auraient reçu de Kinshasa depuis samedi 21 octobre 2006 l'ordre d'établir et d'exécuter un « mandat d'amener à charge de M. Golden Misabiko ». Ces institutions auraient été chargées de neutraliser, de tout faire pour neutraliser et de nuire au défenseur des droits humains. L'ANR/Lubumbashi aurait tenu une réunion pour la circonstance. M. Golden Misabiko reçoit depuis lors des appels anonymes le menaçant de mort. Le défenseur des droits humains est ainsi entré en clandestinité depuis samedi 21 octobre 2006. Dans sa lettre ouverte au président Joseph Kabila, M. Golden Misabiko dénonce la fausse identité de M. Joseph Kabila, sa participation aux différents massacres au Rwanda, le massacre des réfugiés rwandais hutu à Sake, Mugunga, Rutshuru, Kisangani, Equateur... Il convient de rappeler que le 02 juin 2005, M. Golden Misabiko a fait l'objet d'arrestation par l'ANR/Katanga à Lubumbashi.Son arrestation était consécutive à sa déclaration, après enquête, déniant tout fondement aux poursuites engagées contre monsieur André Tshombe et consorts dans l'affaire « Sécession au Katanga ». Le 16 mai 2005, M. Golden Misabiko en compagnie de monsieur Amigo Ngonde, président de l'ASADHO en visite à Lubumbashi a fait l'objet d'une tentative d'assassinat par les agents de l'ANR aux trousses du défenseur des droits humains depuis son retour d'exil en juin 2004 de la Suède où il s'était mis à l'abri fuyant la persécution en 2001. Tout en craignant pour la vie et la sécurité de M. Golden Misabiko et sa famille, la VSV condamne la chasse à l'homme orchestrée contre le défenseur des droits de l'homme en violation des procédures légales garantissant la présomption d'innocence et invite la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) d'assurer sa protection. Fait à Kinshasa, le 23 octobre 2006 La Voix des Sans-Voix pour les droits de l'homme (VSV) > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
France : vive émotion après l'incendie d'un bus à Marseille
| | 
La jeune femme, Mama Galledou, une étudiante marseillaise d'origine sénégalaise, luttait toujours dimanche contre la mort. Elle a été brûlée à"près de 70 % de la surface du corps"et"le pronostic vital est engagé", a indiqué l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM). Si elle s'en sort, elle devrait garder une infirmité permanente, a précisé le procureur de la République, Jacques Beaume, selon qui les auteurs sont passibles de trente ans de réclusion criminelle. Cette attaque, qualifiée de"guet-apens"par M. Beaume, a été commise samedi soir dans le 13earrondissement, à proximité de cités habituellement sans problèmes notables. Le visage dissimulé dans leur capuche, des adolescents ont forcé les portes du bus qui transportait une dizaine de passagers, ont répandu de l'essence et y ont mis le feu avant de prendre la fuite. Face à cet incident, l'émotion a été générale et a amené le gouvernement à décider un renforcement de la sécurité dans les transports. Le président Jacques Chirac s'est entretenu par téléphone avec la famille de la jeune femme. Il lui a exprimé"son horreur devant cet acte ignoble". Le premier ministre, Dominique de Villepin, a fait part de"son indignation devant cet acte de violence"et annoncé qu'il tiendrait lundi à Matignon une réunion sur la sécurité et les transports publics. Le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a évoqué"une inqualifiable tentative criminelle", a lui aussi téléphoné à la famille et pris des nouvelles auprès du médecin de la jeune femme. "UN ACTE ISOLÉ" A quelques mois de la présidentielle, l'incident a également pris une tournure politique : le premier secrétaire du PS, François Hollande, s'en est directement pris à Nicolas Sarkozy."Sa responsabilité est forcément engagée, quand il a enlevé des effectifs de police de certains quartiers, lorsqu'il a cassé la police de proximité, lorsqu'il a lui-même provoqué verbalement un certain nombre de jeunes. Oui, il a créé une situation de tension", a-t-il déclaré, dimanche sur Radio J, tandis qu'à Tours, le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, dénonçait"une stratégie de tension". Des mesures ont été immédiatement arrêtées : le nombre de CRS a été doublé à Marseille, avec l'envoi de deux compagnies s'ajoutant aux deux déjà en place. A partir de ce dimanche, une"tolérance zéro"sera appliquée dans huit zones"sensibles"de la ville, a indiqué le préfet de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Christian Frémont, ajoutant que les quatre terminaux principaux de bus feraient par ailleurs l'objet d'une"surveillance permanente"par la sécurité publique. Aucun bus ne circulait dimanche dans la ville, les chauffeurs ayant décidé d'exercer leur droit de retrait. Les enquêteurs tentent désormais de recueillir un maximum de témoignages :"Une enquête de voisinage extrêmement importante est en cours", a indiqué le procureur en soulignant que les témoignages pouvaient rester anonymes. Alors que Marseille compte plus de 10 % d'immigrés et des zones de grande pauvreté, les responsables de la région ont pour leur part été unanimes : l'action de samedi soir constitue"un acte isolé"et la situation y est"globalement calme", ont-ils assuré. > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
France : une étudiante brûlée à 70% dans l'incendie d'un bus
| | 
Brûlée à 70% L'étudiante de 26 ans, grièvement brûlée dans l'incendie du bus, est toujours entre la vie et la mort. Un porte-parole de l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM) a indiqué que « le pronostic vital était toujours très réservé », et qu'elle était toujours « sous assistance respiratoire et plongée dans un coma artificiel ». La jeune Marseillaise a été brûlée sur 70% de la surface de son corps. A Matignon, Dominique de Villepin reçoit actuellement le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, ainsi que celui des Transports, Dominique Perben, et les patrons de la RATP et dela SNCF pour une réunion de crise sur la sécurité et les transports publics. Nicolas Sarkozy a « bon espoir que, dans les prochains jours, il y ait des éléments nouveaux » dans l'enquête sur l'incendie d'un bus à Marseille samedi, dans lequel une étudiante a été grièvement blessée. Sur Europe 1 lundi matin, le ministre de l'Intérieur a indiqué que la police est sur la piste des incendiaires de l'autobus marseillais. « Un énorme travail policier a été engagé depuis cet acte criminel inadmissible, inacceptable et qui ne restera pas sans réponse » a-t-il indiqué. « Je me suis engagé, a martelé Nicolas Sarkozy, devant la famille de cette jeune fille, famille que j'ai eu plusieurs fois au téléphone, le frère, le père, la mère, à ce que nous retrouvions les coupables ». Et d'ajouter, sans vouloir « entrer dans le détail » : « Nous avons des éléments qui nous permettent de penser qu'il y a, parmi les auteurs, des mineurs ». Selon les premiers témoignages, ce sont quatre jeunes au visage dissimulé par une capuche qui ont incendié l'autobus avec du liquide inflammable ou un cocktail Molotov. « Pour l'instant » a toutefois estimé le ministre de l'Intérieur, « il n'y a pas de risque de contagion » des actes de violences. Les auteurs cherchent avant tout le"spectaculaire"Les auteurs d'incendies de bus dans les banlieues recherchent avant tout un effet"spectaculaire", sans exprimer de revendications particulières. Six autobus de compagnies privées ou de la RATP ont été incendiés en 48 heures en France, dont cinq en région parisienne, par des groupes de personnes toujours cagoulées et parfois armées. "Si les bus ne sont pas une cible vraiment nouvelle", ces récentes attaques constituent"une délinquance de rue organisée avec des repérages très rapides", estime Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, qui vient de publier"Frisson de l'émeute, violences urbaines et banlieues"(Seuil). Les auteurs de ces agressions visent des autobus qui s'approchent du quartier où ils vivent, tout comme ils ont incendié des écoles ou des équipements publics en novembre 2005 dans leur quartier, souligne Sebastien Roché. "Ils sont dans une logique de territoire", renchérit le criminologue Alain Bauer, qui vient de terminer la dixième édition de"Violences et insécurité urbaines"(PUF). Pour eux, le bus est à la fois un"intrus"et un"lieu de confrontation"car il"faut payer son ticket tout en respectant un certain nombre de règlements, comme de ne pas fumer ou de ne pas mettre les pieds sur la banquette". "Un bus, ce n'est pas une cible dangereuse à attaquer, comme une voiture de police, relève Sebastian Roché, le chauffeur et les passagers ne pourront pas s'opposer à l'agression, d'autant plus qu'une cagoule à 1,50 euro leur permet de se protéger à peu de frais des coûteux systèmes de vidéo installés dans le bus". Un autobus urbain coûte 200.000 euros. De plus, ajoute Sebastien Roché, l'incendie d'un bus, un véhicule"hautement inflammable", est"très spectaculaire". Vendredi soir, après l'incendie des bus au Blanc-Mesnil, des témoins ont appelé des médias, dont l'AFP, pour proposer des photos ou des images des bus en feu. François Dieu, universitaire toulousain et auteur de plusieurs ouvrages sur la sécurité et les forces de police et de gendarmerie, distingue les incendies de bus des incendies de voitures qui sont"un phénomène beaucoup plus quotidien et moins spectaculaire". Les auteurs des incendies de bus, ajoute François Dieu,"expriment leur rage"mais"recherchent surtout le spectaculaire et le sensationnel"dans le contexte d'une"criminalité en bande organisée". "Les principales victimes de ces attaques sont leurs voisins qui ont les mêmes problèmes d'emploi ou de logement", note Alain Bauer. Pour François Dieu,"les violences urbaines accentuent la détresse de ceux qui vivent dans ces quartiers". C'est, conclut-il, le"syndrome du +Voleur de bicyclette+ où le héros, qui vient de trouver un travail se fait voler son vélo, sombre dans la détresse car il ne peut plus aller au travail". > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
AFRIQUE : Etendre les services VIH aux populations vulnérables
| | 
JOHANNESBOURG (IRIN) - Assurer la fourniture de services VIH/SIDA dans un pays en paix est déjà une tâche difficile en soi, et pouvoir les étendre aux populations fuyant les conflits ou les catastrophes semble être, à première vue, un défi impossible à relever. Et pourtant, au plus fort du conflit dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), l'organisation Médecins sans frontières (MSF) a prodigué ces services dans deux cliniques de Bukavu, la capitale de la province du Sud Kivu, servant ainsi d'exemples à d'autres organismes travaillant dans des zones en conflit. La logique est simple : les personnes affectées par des crises jouissent des mêmes droits en matière d'accès aux services VIH/SIDA que le reste de la population. En outre, conformément aux normes minimales d'assistance reconnues par divers protocoles internationaux, les réfugiés jouissent eux aussi de ces droits. On estime à 31 millions le nombre de réfugiés et de déplacés internes dans le monde - un nombre qui pourrait être supérieur à 80 millions, si on ajoute les combattants démobilisés et les communautés"engagées dans un processus de paix". Environ 120 millions de personnes supplémentaires sont vulnérables en Afrique australe, en raison des taux élevés de prévalence du VIH/SIDA enregistrés dans la région, des grandes poches d'insécurité alimentaire et de pauvreté ainsi que de la faiblesse des services publics. « Le problème ne concerne pas un petit groupe de personnes, mais une région qui englobe entre 80 et 90 pays différents - soit la moitié du nombre de pays que compte la planète - et dont une grande partie de la population connaît des problèmes humanitaires », a déclaré Mukesh Kapila, directeur technique du Programme commun des Nations unies pour le VIH/SIDA (Onusida. « En conséquence, il s'agit d'un problème de grande envergure », a-t-il dit. Mukesh Kapila dirige un groupe de neuf agences onusiennes qui cherchent à éliminer les obstacles organisationnels et techniques qui empêchent les populations d'accéder aux services VIH/SIDA. Ce groupe se bat pour que les programmes humanitaires et de développement prennent en compte les besoins spécifiques de ces populations, et qu'ils s'intéressent plus particulièrement à la protection des femmes et des jeunes filles contre la violence sexuelle. « Nous avons vu que même dans les circonstances les plus difficiles il était possible de proposer de services de soins et de traitement sûrs et fiables », a souligné M. Kapila. « Les coût d'accessibilité à ces services par les populations vulnérables a considérablement baissé au fil des années...au point que nous pouvons envisager de les prendre en charge ». Les conflits, les déplacements, l'insécurité alimentaire et la pauvreté rendent les populations affectées encore plus vulnérables au VIH/SIDA. Les soins et les traitements permettent d'aider non seulement les victimes à surmonter le traumatisme causé par une catastrophe, mais ils peuvent également servir à la société dans son ensemble. Dans une publication conjointe, intitulée 'Stratégies pour la prise en charge des besoins relatifs au VIH des réfugiés et populations hôtes', le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HRC) et l'Onusida soulignent que l'inaccessibilité des réfugiés aux services VIH/SIDA « affecte l'efficacité des programmes de prévention et de soins menés en faveur des populations des pays hôtes ». « Sachant que les populations réfugiées restent actuellement en moyenne 17 années dans leur pays d'accueil, les conséquences sont sérieuses tant pour les réfugiés et que les populations hôtes », explique le document. Proposer des traitements antituberculeux - une disposition systématique - ou des thérapies antirétrovirales (ARV) dans un contexte d'urgence humanitaire présente à la fois des points communs et des différences. « Le diagnostic du VIH et le suivi du patient séropositif sont très complexes. Contrairement à un traitement antituberculeux, la thérapie ARV est un traitement à vie, qui coûte très cher », a expliqué Paul Spiegel, responsable du programme VIH/SIDA pour le HCR, dans une étude qui a permis d'aborder la question du VIH/SIDA et des populations vulnérables sous un angle nouveau. Avant d'envisager de mettre en place des programmes de prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant ou de distribution d'ARV, il est important de proposer des services de base, comme le traitement des infections sexuellement transmissibles, la distribution de préservatifs et des programmes de sensibilisation au VIH/SIDA, a-t-il rappelé. « Bien que tout le monde ait le droit d'accéder à un traitement, cela ne signifie pas qu'une personne séropositive doit débuter systématiquement une thérapie ARV », a déclaré M. Kapila, représentant spécial de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour le VIH/SIDA. « Il faut adapter les interventions aux populations visées », a-t-il dit. Proposer des services VIH/SIDA aux populations vulnérables présente des avantages en terme de développement. Les camps de réfugiés sont généralement éloignés des villes où sont menés les programmes de sensibilisation. « L'amélioration des interventions sur le VIH/SIDA, de façon globale, pour les réfugiés et les populations d'accueil environnantes améliorera sans aucun doute les services pour les deux communautés », a noté M. Spiegel dans son étude intitulée 'Le VIH/SIDA au sein des populations de victimes de conflits et des populations déplacées'. Les réfugiés et les familles déplacées sont sensibilisés au VIH/SIDA pendant des années. Ainsi, lorsqu'ils sont rapatriés, ils ont entre les mains des outils qui peuvent servir éventuellement à modifier les comportements. « Les conflits et les catastrophes permettent d'établir de nouveaux modèles et modes de penser », a affirmé M. Kapila. Cependant, proposer des médicaments ARV aux populations victimes de conflits pose de graves problèmes à la fois sur le plan de l'éthique et de la sécurité. En effet, lorsque le conflit prend fin, les populations sont souvent rapatriées dans des pays où les hôpitaux ont été pillés ou détruits, et où les gouvernements ne sont pas en mesure de proposer des services sociaux de base. En conséquence, les personnes séropositives rapatriées sont obligées d'interrompre leur traitement et développent des résistances aux médicaments. Une des solutions consisterait à proposer des protocoles de traitement simplifiés et des programmes communautaires de distribution d'ARV, mais soutenir les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA et encourager l'intégration à plus long terme des populations rapatriées posent encore problème. « Les pays hôtes, les organismes humanitaires et de développement et les donateurs doivent continuer à rechercher des solutions qui tiennent compte du caractère transfrontière de l'épidémie de sida », a souligné l'étude conjointe de l'Onusida et de l'Unicef. Cependant, les besoins des populations vulnérables ne pourront être couverts que si l'un des bailleurs consent à faire un important effort financier. « Nous, qu'il s'agisse des agences des Nations unies, des ONG et des personnes travaillant dans des contextes d'urgence, devons parler d'une seule et même voix et encourager, avec l'aide des bailleurs de fonds, la distribution d'ARV de manière appropriée et durable », a affirmé Laurie Bruns, coordinatrice régionale du HCR pour le VIH/SIDA en Afrique australe. « Les objectifs internationaux d'accès universel aux traitements ARV ne pourront être atteints tant que les populations victimes de conflits et les personnes déplacées ne sont pas prises en charge », a-t-elle conclu. > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
FETE DE TABERNACLE 2006
| | 
Nous vous invitons à la 6ème édition de la fête des tabernacle qui aura lieu du 30 Novembre au 4 Décembre 2006. Cette fête organisée par le Centre Chrétien Fontaine de Vie est ouverte à tous. Le thème retenu : Royaume, Puissance et Gloire. Avec le Pasteur Samuel Rodriguez (CCPE Montreuil), Pasteur David Olumuyide (RCCG LONDRES) et Shaliah GRASSIE Christophe (Juif Messianique. Hôte : Pasteur Wellington Victor. 30 Nov et 1 Dec à 18h-21h
2 Dec à 16h - 21h
3 Dec à 10h - 16h
4 Dec à 18h - 21h
LIEU : 5 SENTIER JOSEPH BAUM, 93200 SAINT DENISSur la RUE DES VICTIMES F.Métro :PORTE DE PARIS (LIGNE 13) http://www.folicc.org ou http://monsite.wanadoo.fr/specialevent Email :info@folicc.org Tél : 0169058447 Tél : 0622279197 > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
THÉOLOGIE DE LA LIBÉRATION ET VIE CHRÉTIENNE.
| | 
La Théologie de la Libération, parce qu'elle est essentiellement pratique, a des retombées immédiates sur l'éthique et le comportement des personnes. Elle a mis au jour un nouveau profil de chrétien dans le monde d'aujourd'hui. Nous nous bornerons ici à souligner les aspects les plus éthiques. Les chrétiens se voient confrontés au péché social et structurel de l'oppression et de l'injustice infligées aux masses. Il s'agit du péché qui de situe dans les institutions et les structures de la société, et qui conduit les personnes et les groupes à avoir des comportements en contradiction avec le projet de Dieu. Précisons ici que les structures ne sont pas des choses mais des modes de relation entre les choses et les personnes qui ont affaire à elles. Vouloir surmonter le péché social suppose que l'on s'attache à changer les structures afin qu'elles produisent en fonctionnant plus de justice et de participation. La conversion évangélique réclame plus qu'un changement de c?ur ; elle exige aussi un changement de l'organisation sociale qui provoque indéfiniment des comportements de péché. Cette conversion sociale se traduit par une lutte sociale transformatrice, et elle s'appuie sur des stratégies et des tactiques susceptibles d'ouvrir la voie aux modifications nécessaires. Au péché social il faut opposer la grâce sociale, fruit du don de Dieu et de l'activité de l'homme inspiré par Dieu. La charité comme mode d'être-aux-autres gardera toujours toute sa valeur. Mais, dans une perspective sociale, aimer signifie participer à la création de nouvelles structures, soutenir celles qui représentent une avancée pour obtenir une meilleure qualité de vie, et bien se situer dans le domaine politique à la lumière de l'option solidaire pour les pauvres. Jésus a donné l'exemple : il peut y avoir compatibilité entre l'Amour pour les personnes et l'opposition à leurs attitudes. Il s'agit d'aimer toujours les personnes et dans n'importe quelle condition, mais de combattre les attitudes et les systèmes qui ne s'accordent pas avec les critères éthiques du message de Jésus. La paix et la réconciliation sociales ne seront possibles que dans la mesure où auront été surmontés les motifs réels qui distillent en permanence les conflits : les relations inégales et injustes entre le capital et le travail, les discriminations entre les races, les cultures et les sexes. Ainsi, aimer sans haïr, lutter pour le triomphe de la juste cause sans céder au leurre des émotions, tout en respectant la diversité des opinions, en relativisant ses propres positions et en sauvegardant l'unité de la communauté, tels sont les défis concrets qui sont proposés à la sainteté des chrétiens libérateurs. Bruno LEROY. > en savoir plus |
|
| 02/11/2006
Erythrée : 150 nouveaux chrétiens arrêtés
| | 
La police a procédé à l'arrestation de 150 nouveaux chrétiens la semaine dernière, à Mendefera, à environ 50 km au sud d'Asmara. Selon des témoins dix femmes emmenées par la police ont été séparées de leurs bébés. Tous ces chrétiens arrêtés ont été incarcérés dans le camp militaire de Mendefera. Les prisonniers faisaient partie de quatre églises évangéliques. Des membres actifs du renouveau orthodoxe ont aussi été pris. La vague d'arrestation a commencé mercredi 25 octobre. Des agents de police sont passés de maison en maison. Le premier jour, 55 chrétiens ont été arrêtés. Le lendemain, 95 tombaient dans les mains de la police. Des sources locales confirment que les prisonniers ont été battus et ont subi des mauvais traitements. Le 17 octobre dernier, deux chrétiens sont morts dans le camp militaire de Adi-Quala, deux jours après leur arrestation, après avoir été torturés. On estime à plus de 1900 le nombre de chrétiens prisonniers en Erythrée dans des conditions épouvantables, certains sont enfermés dans des conteneurs maritimes, à l'instar de la chanteuse chrétienne populaire Helen Berhane, incarcérée depuis mai 2004. Tous les mouvements religieux indépendants ont été interdits par le gouvernement érythréen en mai 2002.
Pour plus d'infos, contactez : Portes Ouvertes France BP 139 67833 Tanneries cedex (Strasbourg) T : 03 88 10 29 60 E :contact@portesouvertes.frSite :www.portesouvertes.fr > en savoir plus |
|
|
|